Age: 17
Vous pouvez la trouver ici, mais aussi là, et enfin à cet endroit...
Elle dit : La photo est de moi. Elle a été prise en Bulgarie. J'aime voyager plus que tout au monde, lire, la photographie, mes amis et surtout Lui. Je pense qu'on est libre quand on est heureux et qu'il suffit de le vouloir.
*
Trois coups discrets sont frappés à la porte de ma chambre, la poignée descend et la porte s'entrouve, il passe sa tête dans l'entrebaillement, il me regarde, me sourit, et entre.
"- Encore plongée dans un bouquin, constate-t-il.
- Un livre, le corrige-je.
Il n'aime pas lire, et ne comprend pas le plaisir que cela me procure, il trouve ça "nul les bouquins".
- T'es quand même plongé dedans, rétorque-t'il.
- Je m'évade, c'est différent.
- Evade-toi avec moi, ce soir, on s'en va.
Je lui souris gentiment, il sait que c'est impossible, nous avons du travail, des parents, des impératifs, des chaînes qui nous retiennent ici, comme toujours.
- J'plaisante pas...
Je tire le nez de mon livre, le pose et le regarde, l'incitant à continuer. Il me dit qu'il est en voiture, que sa valise est dedans, qu'il est venu me chercher, qu'on s'échappe pour le week-end, il m'apprend que mes parents sont d'accord, il m'annonce qu'il m'emmène à Paris pour nos 2 ans, pour trois jours, trois jours rien que pour lui et moi, trois jours rien que pour nous. Je pense, l'espace d'une seconde, à la page de mon agenda pleine de choses inutiles à faire, mais cette vision disparait instantanément. J'ai du mal à le croire, pourtant, je le connais par coeur et aucune trace de plaisanterie ne se cache dans ses yeux verts que j'aime tant. Il se lève, ouvre mes armoires, me pousse à me dépêcher, je me lève enfin, fais mon sac, ne sachant y croire. En quelques minutes, ma valise est prête. Je m'asseois sur le lit, le regarde fermer mon sac, et le soulever pour descendre, il s'aperçoit que je ne le suis pas, pose la valise et vient s'asseoir près de moi. Il me regarde, se penche et m'embrasse tendrement. Il me sourit et m'allonge lentement sans me quitter des yeux, nos lèvres se rejoignent, nos corps se serrent dans une étreinte infinie. Il me murmure qu'il m'aime, je glisse mes mains froides dans son dos, je sens son corps se figer, il est envahi de frissons et me serre contre lui, j'aime sentir le grain de sa peau sous mes doigts, retrouver chaque grain de beauté, chaque courbe bien connue, chaque aspérité. Il me couvre de baisers, me déshabille lentement. Les vêtements nous quitte, l'un après l'autre. Je sens les papillons qui s'envolent par millier dans mon ventre, il se recule, me sourit, m'embrasse encore et encore. Ses mains glissent le long de mon corps, elles sont partout, il est partout, je suis à lui. Chaque infime partie de mon corps le désire. Il n'y a plus que nous. Nous sommes libres, libres de nous aimer, encore et encore. Nos doigts s'entremèlent et se serrent, nous ne sommes plus qu'un, plus rien n'a d'importance. Je pense à la valise qu'il a abandonné dans le couloir, je pense à ce week-end, notre week-end. Nous sommes allongés, nus, enlacés, et simplement heureux. Je le regarde, il est beau.
- On va être en retard, constate-t'il.
- On est à deux, le monde peut bien nous attendre un peu.
Il me sourit, me dit que plutôt que les lire, je devrais les écrire mes bouquins. J'aime son sourire. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous sommes dans la voiture, il fait froid, nous roulons vers Paris, la ville lumière. Nous écoutons Manu Chao, il chante, fait semblant d'être vexé quand je me moque, me sourit, et chante à nouveau. Le soleil se couche, nous sommes libres, libres comme l'air. Je viens de tout abandonner, de m'arracher à ces chaînes qu'on appelle obligations, impératifs, ou encore société. Il fixe la route et me dit :
- Ca fait du bien non ?
- de s'enfuir ?
- Oui.
- Oh oui, surtout avec toi. On n'rentre plus ?
- Il faut rentrer, t'as pas fini ton bouquin!
- Mon livre tu veux dire."
Il sourit, nous savons tous les deux que nous rentrerons dimanche soir, le plus tard possible mais quand même. Nous savons que nous repartirons pour une semaine de routine, même sûrement plus, que les chaînes se refermeront à peine la valise posée dans l'entrée. Mais là, nous avons 3 jours de liberté devant nous. Et rien ne pourra nous empêcher d'être libres, et heureux.




